Apres un epouvantable trajet de 20 heures de bus, assise dans le couloir entre les rangees de sieges, sur une montagne de marchandises ( sac de riz, de legumes, sacs a sacs...)...
Apres d interminables heures d attente en pleine nuit, dans une gargotte sordide qui n avait a nous proposer pour tout confort que du mobilier de nain et de mauvaises soupes de nouilles...
Apres des formalites de douanes accomplies par des fonctionnaires furieux d avoir ete tires du lit aussi tot et faisant preuve de leur plus mauvaise volonte...
Nous arrivons enfin a Vientianne!
Rien qu en descendant du bus, je sens deja cette douce langueure qui habite le pays: je n ai pas une armee de chauffeur de tuk tuk qui viennent s agripper a mon sac pour essayer de me convaincre de les choisir...
Vientianne est appelee aussi ville de la lune, dont le croissant evoque la courbe du Mekong ou elle est construite. C est une capitale a taille humaine dont on parcourt aisement le centre a pied.
Les ames nostalgiques de la vieille Indochine y sont rassasiees de tout ce dont elles peuvent avoir faim: vieilles demeures coloniales, inscriptions en francais a tous les coins de rue, petits pepes trainant dans la rue et n attendant qu une chose c est raconter en francais " les annees fastes" ou leurs vieux souvenir de guerre a ceux qui oseront les aborder...
Je retrouve avec bonheur cette ville, qui depuis des siecles et des siecles, vit autour de ses multiples temples: That Luang, Wat Sisaket, Ho Phra Keo, Wat Si Muang...
Une atmosphere tres paisible se degage de ces endroits ou le silence est roi, de temps a autre, on peut entendre le marmonement d un moine recitant des prieres pour benir un devot ou tout simplement s entrainer a utiliser ce ton monocorde; ou bien la voix chevrotante d un vieux moine enseignant aux plus jeunes...
Apres quelques couchers de soleil je decide de m enfoncer plus au nord dans ce pays qui aurait certainement pu etre le jardin d Eden!